Rencontre Illex et Jackall: l'histoire du Flat tricoroll 55S, le nouveau leurre à truite !

 

 

17 juillet 2017

Après un départ dans la nuit, nous nous dirigeons, Thomas Vogels et moi-même, vers le centre de Paris pour rejoindre deux personnalités japonaises du monde de la pêche : Ono Toshiro et Koïchi Fujimatsu, respectivement responsable et designer au sein de l’entreprise Jackall. Les présentations terminées, nous immortalisons cette rencontre sous la Tour Eiffel avant de prendre la route pour rejoindre Cherbourg et le beau département de la Manche.

Le trajet est rythmé par nos échanges, les prises photographiques au gré des somptueux paysages qui défilent devant nos yeux et les panneaux d’indications qui nous rappellent des hauts lieux de l’histoire récente de notre pays. Après plus de quatre heures de voyage, nous parvenons enfinà notre destination: le magasin Univers Nature dont le propriétaire n’est autre que Danny Frigot, membre des teams Illex et Stream Master, et qui mettra ses locaux spacieux pour nous accueillir dans le cadre d’une réunion de développement des produits destinés aux pêcheurs de truites aux leurres. Gaël Even, que l’on ne présente plus et récent membre du team, a également fait le voyage depuis son département de l’Orne dans le cadre de ce séminaire. 

1* Questionné sur ses préférences en matière de pêche, il nous a précisé qu’il préférait celle du black-bass quelle que soit la technique employée.
2* A cette même question, Koïchi nous a répondu que le poisson qu’il préférait traquer était le Ayu dont la robe a inspiré le coloris éponyme que j’affectionne plus particulièrement pour rechercher la truite.
 

Le point d’orgue de cette rencontre demeure la finalisation d’un projet vieux de plusieurs années : la conception d’un poisson nageur extra-flat en complément de la gamme de Tricoroll déjà existante et souvent plébiscitée auprès des pêcheurs français, mais également japonais. À partir d’un cahier des charges proposé par le team Stream Master, Koïchi Fujimatsu allait nous présenter plusieurs prototypes de densité différente dont nous allions progressivement valider le principe après les dernières demandes de modifications, suggestions et autres commentaires destinés à rassurer les futurs testeurs et leur donner toutes les indications utiles pour les ultimes essais sur le terrain.

D’autres projets furent finalisés au cours de cette rencontre, dont un nouveau modèle de canne pour la gamme Stream Master (une jerking.....) ainsi qu’un autre poisson nageur destiné aux pêcheurs de truites dont le projet est planifié en juin 2018 pour le plus grand plaisir des amoureux de la marque. 

Version I du Flat Tricoroll

Version II du Flat Tricoroll

Version III du Flat Tricoroll 55 S (supra et infra) 

Après un déjeuner pris en commun sur le front de mer, l’équipe rejoignit une jetée balayée par le vent et les embruns. Malgré les conditions météorologiques qui me semblaient peu clémentes, plusieurs personnes s’afféraient déjà sur la plage, expérimentaient la plongée sous-marine, bien abritées des bourrasques, ou maintenaient un équilibre instable sur leur planche à voile. Quant à nous, l’occasion nous fut permise de tester le tout nouveau leurre de surface Riserbait 008 à l’usage des poissons carnassiers et marins. Après cette découverte et les essais de plusieurs autres leurres, notre communauté prit la direction d’une petite rivière encombrée, régulièrement fréquentée par Dany.

L’équipe se scinda en deux équipes afin de mieux répartir les pêcheurs sur l’ensemble du parcours. Les strates visibles sur des berges bien marquées témoignaient du niveau très bas du cours d’eau durant la période d’étiage sévère qui, il est vrai, était malheureusement partout observée en France depuis le début de la saison. Le moindre mouvement brusque de nos pas provoquait des vagues parasites, que la faible profondeur amplifiait et mettait en alerte les quelques truites postées dans les dérives naturelles. Pendant que Dany et Gaël accompagnaient Koïchi sur un secteur plus ouvert de la vallée situé plus en aval, j’allais suivre Toshiro et Thomas dans un corridor de verdure au milieu duquel s’écoulait un très faible courant. Malgré ces conditions difficiles, Toshira finira par déclencher plusieurs attaques et capturer sa première truite normande en animant le Flat Tricoroll en twitching. Après les traditionnelles photographies visant à immortaliser cet instant, le moment était venu de rejoindre Cherbourg pour une partie de pêche en mer depuis le bord.

Sous l’éclairage vacillant de la ville, le petit groupe fut rejoint par Nolan alors que débutaient les préparatifs. Armés de petits leurres souples montés de façon classique sur de minuscules têtes plombées, nous allions capturer des chinchards chassant dans la lumière réverbérée de la citée, le plus difficile étant de maintenir un équilibre instable sur les rochers recouverts de limon et d’algues. Nos nombreuses exclamations retentirent dans la nuit au gré des attaques avortées et des combats dont la pénombre amplifiaient l’attrait et l’intensité émotionnelle. Après un dîner expéditif et trois heures de sommeil, notre petite communauté s’ébroua dans la nuit pour atteindre notre ultime destination dans le magnifique département de l’Orne et valider le projet pour lequel nous avions été réunis par Thomas. 

18 juillet 2017

 De fait, le trajet me permis de découvrir cette belle région en compagnie de Gaël qui officie, notamment en ces lieux, en qualité de guide pêche avec toute la compétence que l’on connaît. Une fois encore, nous nous scindâmes en deux groupes pour prospecter une magnifique rivière. La traversée d’un bois et d’une zone marécageuse nous conduisit sur les berges d’un cours d’eau sauvage aux coups variés alternés par des secteurs agités, des postes plus profonds et des courants plus lents où se développaient des herbiers de pleine eau. Koïchi déclencha rapidement une attaque en privilégiant les animations amples et sèches en twitching.

Depuis le temps que je souhaitais le rencontrer, je pris tout le temps nécessaire pour observer sa gestuelle lors des lancers rapides et précis qu’il réalisait, mais surtout pour le voir animer les leurres qu’il avait lui-même conçus. Et je dois bien avouer que je considère comme un véritable privilège le fait d’avoir partagé cet instant avec un tel pêcheur et designer. Plusieurs truites furent capturées lors de cette courte session, notamment au moyen du Tricoroll 55HW. Quant à moi, je perdis un nombre assez important de poissons, plus particulièrement la plus belle truite de la session qui se libéra bruyamment en surface, en raison peut-être de mon armement allégé (hameçons simples, comme à mon habitude) ou d’un autre paramètre que je ne parvins pas à résoudre. Le Flat Tricoroll 55S permis néanmoins à chaque pêcheur engagé de capturer des truites sauvages aux couleurs magnifiques et à la défense nerveuse et spectaculaire au sein d’un environnement préservé, véritable sanctuaire de truites sauvages que Gaël eut la gentillesse de nous faire découvrir. 

Malgré les conditions assez peu favorables aux dires de notre guide, que du reste les événements allaient corroborer en raison notamment de la
forte luminosité, nous prîmes toutefois la décision de rejoindre une rivière à poissons migrateurs pour tenter de piquer une truite de mer à une heure inadaptée de la journée. Si ces poissons, essentiellement des finnocks, au comportement lunatiques se contentèrent de suivre nos leurres, ils nous permirent toutefois d’admirer, le temps d’un éclair ou plutôt de leur ombre furtive, telle une bécasse traversant la canopée, leur mimétisme absolu malgré la clarté des eaux. Cette traque est de toute évidence addictive et les récits de Gaël nous confortèrent dans la vision que nous nous faisions de la pêche de la truite de mer et de l’intérêt de respecter certaines consignes empreintes de bon sens et de pragmatisme ! Un poisson finira toutefois par attaquer le Flat Tricoroll de Thomas avant de se décrocher. 

Quelques finnocks dénièrent également poursuivre nos leurres jusque dans nos pieds ou donner un petit coup de nez en fin de dérive « aval » pour nous confirmer que les qualités techniques et les bonnes intentions d’un pêcheur ne peuvent se suffirent à elles-mêmes quant il s’agit de rechercher un poisson migrateur dans une pêche qui est par essence aléatoire, incertaine et soumise à de nombreux paramètres exogènes. 

Le temps de dissoudre notre communauté approchait. Après une dernière réunion de travail dédiée à la pêche en mer et un dîner dans un restaurant de Caen, il était temps de rejoindre la capitale pour déposer nos amis japonais après ces longues journées de tests mais aussi d’échanges. Car au- delà des sessions de travail, des phases de conception et des périodes d’essais sur le terrain, c’est bel et bien l’aventure humaine et nos échanges ininterrompus qui resteront gravés dans nos mémoires respectives au terme de ces trop courtes journées. 

Un immense merci à la société Sensas pour nous avoir donné la possibilité de vivre ces moments rares dans la vie d’un pêcheur aux leurres !